Programmation de Film et Vidéos

Night Tales

Cinéma des Beaux-Arts

Horaire : 30 avril 2016 - 00h00 - 06h00

Crédit photo : © Michelangelo Antonioni

Un marathon de films et de vidéos d’artistes sera présenté toute la nuit au Cinéma des Beaux-Arts du Théâtre Princesse Grace. Cette programmation cinématographique et vidéo, dirigée par le commissaire associé Leonardo Bigazzi, présentera une vision de la nuit comme un territoire de liberté, de secrets, de transgression, de rêve et de découverte. Dans certains cas, celle-ci peut également ramener à la peur et la violence.

 

SALLE 1

Night Tales 1re partie (durée 78 min) – Deux projections à 00h00 et 03h00

Nicolas Provost, Stardust, 2010, 20 min

A Las Vegas, à l’aide d’une caméra cachée, Nicolas Provost capte des situations réelles qu’il utilise ensuite pour créer un récit fictif. Parmi ses « acteurs » figurent non seulement des joueurs et d’autres visiteurs de la Sin City, mais aussi de vraies stars hollywoodiennes comme Jon Voight, Danny Trejo, Dennis Hopper et Jack Nicholson. Tous participent, sans le savoir, à ce captivant « thriller » qui redéfinit les limites de la fiction et du documentaire. En 2011, le film a remporté le prix Tiger dans la catégorie court-métrage du Festival du Film de Rotterdam.

Laure Prouvost, The Wanderer (Betty Drunk), 2011, 14 min

The Wanderer (Betty Drunk) est l’un des six épisodes du long métrage de l’artiste, The Wanderer. Dans cette séquence, nous suivons Betty, une jeune fille visiblement en état d’ivresse, qui passe d’un bar à l’autre tout en livrant un monologue confus, s’adressant aussi bien aux autres personnages qu’elle rencontre qu’au public à travers l’écran. Le montage et les mouvements de la caméra exacerbent une sensation de désorientation et d’anxiété chez le spectateur qui entraîne une relation physique avec le film.

Signe Pierce et Alli Coates, American Reflexxx, 2014, 14 min

L’artiste Signe Pierce est filmée alors qu’elle déambule le long d’une rue animée, près de l’océan, à Myrtle Beach en Caroline du Sud, vêtue d’une courte robe et d’un masque réfléchissant. La réalisatrice Alli Coates et Pierce ont décidé de ne pas communiquer jusqu’à la fin de l’expérience, mais elles ne se seraient jamais attendues à la réaction provoquée. American Reflexxx souligne de façon tragique le niveau de violence, verbale et physique, atteint aujourd’hui par la société américaine.

Loretta Fahrenholz, Ditch Plains, 2013, 30 min

Tourné à New York, après l’ouragan Sandy, Ditch Plains suit un groupe de danseurs du Ringmasters Crew dans une sorte de fête de rue de la fin des temps. Les protagonistes, qui ressemblent à des zombies, se déplacent avec frénésie parmi les maisons effondrées et les rues remplies de corps et de débris. Un paysage urbain post-apocalyptique à la fois réel et irréel. Le film est distribué par Arsenal – Institut für Film und Videokunst.

 

 

Night Tales 2e partie (durée 64 min) – Deux projections à 01h30 et 04h30

Neïl Beloufa, Kempinski, 2007, 13 min 58 s

Filmé dans différentes villes du Mali, Kempinski trace le portrait d’un groupe de locaux qui partagent leurs rêves et leur vision de l’avenir au temps présent. L’artiste met en scène des tableaux vivants de personnages émergeants d’une nuit sombre illuminée de lampes fluorescentes. Dans ces histoires nocturnes, les frontières entre l’imagination et la réalité s’effacent, remettant en question nos attentes d’Occidentaux sur l’Afrique.

Hicham Berrada, Natural Process Activation #3 Bloom, 2012, 5 min 35 s

La recherche d’Hicham Berrada est axée sur l’activation de processus naturels et de réactions chimiques. Le film suit l’artiste et son ami pénétrant la nuit par effraction au Parc Floral de Vincennes, afin de forcer l’éclosion d’un champ de pissenlits à l’aide d’un projecteur de lumière. L’accélération du cycle de la vie florale devient un geste extrêmement poétique qui met en relief la fragilité et la beauté de la vie. Réalisé par Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains.

Alvaro Urbano, The Ghost & the Host, 2014, 8 min 29 s

The Ghost & The Host a été réalisé lorsque Alvaro Urbano habitait à la Villa Romana de Florence, le plus ancien prix artistique Allemand au monde. Explorant le jardin de la Villa, l’artiste redécouvre les traces d’anciennes sculptures et reliques du passé. Mais c’est pendant la nuit, au clair de lune, que ce monde mystérieux prend soudainement vie, et que toutes les certitudes de la journée sont laissées de côté. La musique du film a été composée par l’artiste américain Sergei Tcherepnin.

Arash Nassiri, Tehran-geles, 2014, 18 min 9 s

Projetant le passé d’un pays du Moyen-Orient dans le présent occidental, Tehran­geles est une vision fictive de Téhéran, établie dans le paysage urbain de Los Angeles. Dans un voyage aérien, nous découvrons une transposition architecturale des deux villes. Tandis que nous survolons les boulevards de Los Angeles, les témoignages de migrants font écho à l’histoire collective de la capitale iranienne. Au centre-ville, les immeubles sont saturés d’enseignes en néons clignotants au rythme des voix, accompagnant le spectateur dans un voyage hors du réel. Réalisé par Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains.

Anna Franceschini, THE PLAYER MAY NOT CHANGE HIS POSITION, 2009, 17 min

A la recherche des qualités cinématographiques dans les objets de la vie quotidienne, le film d’Anna Franceschini observe les mouvements hypnotiques et répétitifs d’un parc d’attractions. Le titre de l’œuvre ainsi que l’absence de personnages suggèrent que le spectateur est le protagoniste. Les mots de l’artiste : « Noir, blanc, extra blanc, ultra-noir, couleur – couleur – couleur, flash, flou, effacé. Fin », sont certainement le meilleur synopsis du film. Mais en réalité, ce n’est pas aussi simple. Produit avec le soutien de Rijksakademie van Beeldende Kunsten, Amsterdam.

 

SALLE 2

Michelangelo Antonioni, La Notte, 1961, 123 min – Deux projections à 00h00 et 02h30

Version récemment restaurée avec le son original et les sous-titres en français

L’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma italien, La Notte, retrace les événements d’une journée et d’une nuit de la vie d’un couple marié. Giovanni (Marcello Mastroianni), un écrivain à succès, et sa femme Lidia (Jeanne Moreau) font face à la tragédie d’un ami gravement malade. Chacun d’eux s’éloignant de plus en plus de l’autre, ils essaient de se distraire en assistant à différents événements. La soirée se termine lors d’une fête donnée dans la résidence d’un riche industriel milanais. L’impression de vide et d’isolation grandit à mesure que le couple s’efforce de communiquer l’un envers l’autre. Le film reflète les doutes, les questions et les préoccupations d’une génération qui a vécu dans la prospérité du miracle économique italien, tout en faisant face aux contradictions de la Modernité.